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Elie CHOURAQUI

Biographie

Élie Chouraqui est né le 3 juillet 1950 à Paris dans le 19e arrondissement. Issu d’une famille juive marocaine modeste de quatre enfants, rien ne le prédisposait à entamer une carrière artistique qui l’amènera à devenir metteur en scène, scénariste, producteur, acteur, écrivain.

Il suit des études classiques, lettres, droit, mais déserte rapidement les facultés du Quartier latin.

Il part alors à l’armée, devient « par hasard » international de volley-ball4,2,1, capitaine de l’équipe de France, participe à la coupe d’Europe, aux Championnats du monde, en portant le maillot tricolore plus de 112 fois.

Il rencontre ensuite le cinéma lors du tournage d’un film de Claude Lelouch Smic, Smac, Smoc à La Ciotat, patrie des frères Lumière. Il devient premier assistant durant quelques années, d’abord chez Claude Lelouch pour L’aventure c’est l’aventure notamment, où on le voit en soldat révolutionnaire sud-américain, ou La Bonne Année, mais aussi chez d’autres grands cinéastes français. Il brûle les étapes, écrit des premiers scripts, réalise un court métrage : Une perte de temps, réalise plus de cent films publicitaires puis rencontre Anouk Aimée. Il fonde sa société, 7 Films, et produit lui-même son film Mon premier amour qu’il adapte d’un roman de Jack-Alain Léger Au côté d’Anouk Aimée, il choisit Richard Berry, qui apparaît pour la première fois à l’écran dans un premier rôle, Jacques Villeret et Nathalie Baye. Karl Lagerfeld crée les costumes, Hilton McConnico réalise les décors, et Robert Alazraki en est l’opérateur. Comme producteur il perd beaucoup, mais le film est un succès critique qui lance sa carrière.

Après un détour par la télévision (Une page d’amour d’après Émile Zola, produit par Christine Gouze-Raynal, où il met en scène à nouveau Anouk Aimée, accompagnée cette fois de Bruno Cremer et Catherine Hiegel), il écrit Qu’est-ce qui fait courir David ? qu’il produit aussi, comme il produira ou coproduira tous ses films. David, interprété par Francis Huster, Nicole Garcia, Charles Aznavour, André Dussollier, Michel Jonasz et Anouk Aimée, rencontre un succès public et est nommé aux César dans plusieurs catégories. « Ne nous y trompons pas, écrit alors le critique François Chalais, Élie Chouraqui est en train de construire une œuvre. »

En 1987, le producteur Arnon Milchan contacte le cinéaste et lui propose son premier film en langue anglaise, Man on Fire. Le réalisateur qui affectionne les drames et les histoires d’amours impossibles se plonge dans cette première expérience hollywoodienne, un thriller dans lequel un ancien agent de la CIA, Creasy, est engagé pour protéger la fille d’un riche industriel américain. Chouraqui y dirige Joe Pesci, Danny Aiello et Scott Glenn. Sous le même titre Man on Fire, le film connaîtra un remake avec Denzel Washington.

Dans ses films, les thèmes privilégiés par Chouraqui sont l’égalité, les droits de l’homme, la liberté, l’amour, l’espoir, la justice, la paix dans une constante impasse, ses origines juives, l’identité et sa recherche. Autour de ce dernier thème, il débute le tournage de Miss Missouri, dans lequel il retrouve Richard Anconina qu’il entraîne avec lui, entre Chicago et Kansas City, dans un road movie où un homme, à la recherche d’une femme qu’il croit aimer, se dilue dans le paysage américain avant de comprendre qui il est.

Il réalise ensuite Les Marmottes, coécrit avec Danièle Thomson et interprété par Gérard Lanvin, André Dussollier, Jean-Hugues Anglade, Jacqueline Bisset, Virginie Ledoyen, Christian Charmetant, Daniel Gélin, Anouk Aimée. Ce film illustre avec une forte dose d’humour le fameux « Famille je vous hais ». C’est un nouveau succès dont TF1 tirera une saga télévisuelle.

En 1995, Les Menteurs est sans doute un film clef dans la carrière du cinéaste. Chouraqui dirige Jean-Hugues Anglade au côté de Lorraine Bracco, Sami Frey et Valeria Bruni-Tedeschi

Elie Chouraqui se retire durant 4 ans, puis revient fin 1999, avec le film Harrison’s Flowers, sélectionné dans de nombreux festivals dont celui de Saint Sébastien.

En 2000, le cinéaste vient d’avoir 50 ans et se lance un nouveau défi : Les Dix Commandements. Ce spectacle musical, qu’Élie Chouraqui écrit, produit et met en scène avec la complicité du compositeur Pascal Obispo, des paroliers Florence et Guirao, de Kamel Ouali pour les chorégraphies et de Sonia Rykiel pour les costumes, devient l’événement de la rentrée 2000. Il va draîner en France plus d’1,8 million de personnes, 3,3 millions de supports disques seront vendus ainsi que 600 000 vidéos du spectacle. Les Dix Commandements sont joués en Italie, au Japon, aux États-Unis, en Belgique, en Suisse, jusqu’en Corée du Sud : la troupe retourne en octobre 2007 à Séoul et atteint sa huit centième représentation.

Parallèlement, le cinéaste coproduit le film de Takashi Koizumi Après la pluie (Ame agaru)

Par ailleurs, il termine l’écriture d’un premier roman La vie n’est qu’une ombre qui passe (Robert Laffont), l’histoire d’un aventurier qui usurpe l’identité d’un aristocrate, avant de jouer les révolutionnaires en Amérique. Il enchaîne avec un essai, Le Sage et l’Artiste, qu’il coécrit avec son homonyme, le philosophe André Chouraqui (Grasset), et met en production, sur une musique de Maxime Le Forestier cette fois, un autre spectacle musical : Spartacus le gladiateur.

En 2004, son reportage sur l’antisémitisme ordinaire entre deux collèges crée une polémique. Il se défend indiquant que « le documentaire sur l’antisémitisme à l’école visait […] à tenter de comprendre une situation en présentant les différents points de vue en présence » alors que ce travail est dénoncé comme mettant de l’huile sur le feu par le site REFLEXes.

En 2006, il commence le tournage de son film Ô Jérusalem , adapté du best-seller de Dominique Lapierre et Larry Collins. Ô Jérusalem est un projet ambitieux qui avait déjà dissuadé nombre de metteurs en scène. « Il y a longtemps je me suis dit que lorsqu’un film serait indispensable je le ferais. Ô Jérusalem est un film indispensable. »

En 2008, il se présente aux élections municipales à Neuilly-sur-Seine, sur la liste conduite par le divers droite Jean-Christophe Fromantin et soutenue par l’UMP (cette liste indique qu’il est « sans étiquette »). Il est élu conseiller municipal, chargé de l’animation culturelle.

En 2010, il met en scène pour la première fois au théâtre Fallait pas me mentir, une pièce écrite par Alexandra Dadier et Emma Scali qui y interprète également le rôle principal.

En 2012 il met en scène pour la première fois un opéra, Aïda de Verdi, dans le cadre des opéras en plein air et devient coproducteur, avec Benjamin Patou, de cette manifestation annuelle.